Au cours de la période 1982-2011, la France a gagné 9,4 millions d’habitants, soit une croissance moyenne de 0,5 % par an, rappelle une étude de l’Insee. Les métropoles sont les territoires qui ont le plus profité de cette augmentation. En particulier l’agglomération parisienne, mais aussi autour des autres grandes villes comme Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Nice, Strasbourg ou Nantes. D’une façon plus diffuse, la population s’est accrue autour de l’Ile-de-France, dans un territoire qui va d’Orléans à Amiens en passant par Caen ou Tours, dans l’Ouest, autour de Nantes et Rennes, autour des grandes périphéries de Bordeaux et Toulouse, mais aussi dans tout le croissant du pourtour méditerranéen et la vallée du Rhône. La France qui s’est dépeuplée est pour l’essentiel située dans le massif central et le nord et l’est de la France.

Variation de la densité, en moyenne annuelle

 

Source : Insee

 

La densité varie d’abord sous l’effet du solde naturel : la différence entre les naissances et les décès. L’effet agglomération joue massivement car c’est d’abord là que s’établissent les jeunes ménages. Les territoires où la part des personnes âgées est la plus forte, le massif central, les Pyrénées, et le cœur de la Bretagne enregistrent un solde naturel négatif : les décès y sont plus importants que les naissances

Variation de la densité due au solde naturel (naissances-décès).

Source : Insee

Mais un territoire donné compte aussi sur l’apport de l’extérieur, des migrations venues de l’étranger et surtout d’autres parties de la France (le solde migratoire).  La carte est alors toute différente. C’est d’abord l’axe Bordeaux-Toulouse-Montpellier qui connaît le plus d’arrivants. Ensuite, toute la façade ouest, le pourtour Méditerranéen et la vallée du Rhône. On voit aussi l’effet de la périurbanisation, avec des cœurs urbains en perte de vitesse et une périphérie en croissance.

Variation de densité due au solde migratoire (sorties et entrées du territoire)

Source : Insee

 

La densité peut tromper l’oeil

La lecture d’un indicateur sur une carte peut être très trompeuse si l’on ne garde pas en tête la densité de population du territoire concerné. Un phénomène que l’on observe dans les campagnes peu denses, comme un âge élevé ou un niveau de vie faible colorise une grande partie de la carte de France quand on ne prête pas attention aux détails. Ces campagnes représentent une grande superficie qui attire l’oeil, mais une petite partie de la population. Les trois quarts de la population française vit en ville. Quelques quartiers de très forte densité (comme le sont les zones urbaines sensibles) des villes sont invisibles des cartes insuffisamment détaillées, mais regroupent l’équivalent de la population de territoires ruraux considérables. La seule Zone urbaine sensible de Grigny 2 dans l’Essonne regroupe par exemple 14 000 habitants répartis sur un peu moins d’un km2, alors qu’en campagne ils occuperaient plusieurs dizaines de km2. De la même façon, la carte de variation de densité liée au solde naturel ci-dessus fait apparaître des surfaces vertes qui ne représentent qu’une fraction très faible de la population.

Pour en savoir plus :

« Trente ans de démographie des territoires« , Insee Première n°1483, janvier 2014.