13 % des ménages emploient du personnel à domicile, selon une étude du ministère du Travail (données 2011). Rares sont les ménages qui accèdent à ces services, femme de ménage (pour l’essentiel), garde d’enfant ou jardinage. Jusqu’aux 80 % les moins fortunés, moins de 10 % des ménages sont concernés. Pour les 10 % les plus pauvres, la proportion n’est que de 6,9 %. Si 17,7 % des cadres supérieurs emploient du personnel domestique, ce n’est le cas que de 2 % des employés ou des ouvriers, qui représentent près de la moitié des actifs.

Et encore, ces données mélangent des familles qui font appel à une heure de ménage occasionnelle, et d’autres qui en utilisent plusieurs par jour. De plus, les formes d’aide à domicile sont hétérogènes : du ménage ou du soutien scolaire pour les cadres supérieurs financés par des réductions d’impôts, à l’aide aux personnes âgées dépendantes démunies, qui peut être prise en charge par les conseils généraux. Ainsi, 20 % des septuagénaires et 50 % des plus de 80 ans ont recours aux services à domicile.

Si l’on restreint le champ aux ménages avec enfants, les écarts sont encore plus grands. La moitié de ceux dont les revenus s’élevaient à 5000 euros ou plus (10 % des ménages) étaient employeurs réguliers de personnel à domicile en 2005 selon le ministère du Travail. 1. Jusque 3000 euros mensuels (62 % des ménages concernés), le taux était inférieur ou égal à 3 %.

« Les inégalités en termes de bénéfices de la dépense fiscale pour le recours à un salarié à domicile demeurent très élevées, et supérieures à celles des revenus », indique le ministère. Au total, les 10 % les plus aisés bénéficient de 60 % des avantages fiscaux alors que les 20 % les plus pauvres n'en profitent pas, et que la moitié la moins favorisée de la population n'en reçoit que 4 %.

 

Pour en savoir plus : « Les services à la personne : qui y recourt ? Et à quel coût ? », Dares Analyses n°63, août 2014.

Notes:

  1. Les données sont anciennes, mais ont sans doute peu varié depuis.